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Spécialiste de la périnatalité et de la gynécologie, ancienne sage-femme

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Douleurs ligamentaires de grossesse, que faire ?

Pendant la grossesse, de nombreuses femmes ressentent des douleurs ligamentaires, souvent source d’inquiétude. Ces gênes, liées aux changements hormonaux et à l’étirement des ligaments, sont pourtant courantes. Pour mieux comprendre leurs causes, leurs manifestations et les moyens de les soulager, Camille Carrel, sage-femme et sophrologue spécialisée en périnatalité, nous éclaire sur cette thématique et rassure les futures mamans.

Afin d’adopter les meilleures solutions pour soulager les douleurs ligamentaires, il est essentiel de comprendre le rôle des ligaments et leur processus d’adaptation au fil de la grossesse.

Comprendre les douleurs ligamentaires de grossesse

Pour comprendre pourquoi des douleurs ligamentaires peuvent se manifester dès que le ventre s’arrondit, il convient de revenir sur l’anatomie de la femme. Il faut savoir, en effet, que l’utérus repose sur la vessie et qu’il est rattaché aux os du bassin par deux ligaments principaux. « Ce sont les ligaments utéro-sacrés« , précise Camille Carrel. « Il y a aussi le ligament rond qui, lui, relie l’utérus à l’aine et joue un rôle essentiel en termes de soutien, notamment durant la grossesse« , ajoute la sage-femme.

Douleurs ligamentaires de grossesse : quelles en sont les causes ?

Au cours de la vie, des tensions peuvent s’exercer sur ces ligaments, notamment en cas de prise de poids ou de relâchement naturel dû à l’âge. Durant la grossesse, ces douleurs apparaissent généralement au deuxième trimestre, « lorsque l’utérus grandit et prend du volume pour accueillir le développement du fœtus« , explique la sage-femme. De ce fait, ce poids et ce volume accrus pèsent de plus en plus sur les ligaments, entraînant de potentielles douleurs.

Changements hormonaux et troubles ligamentaires

Pendant la grossesse, la femme enceinte sécrète de la relaxine. « Son but est de relâcher tous les tissus mous, les ligaments, mais aussi de favoriser la mobilité des articulations pelviennes« , explique Camille Carrel. « Cependant, les ligaments n’étant pas sollicités de manière habituelle, cela peut être douloureux et créer une inflammation« , précise la sage-femme.

De manière générale, une position debout prolongée, le stress, la fatigue et des épisodes de toux peuvent accentuer les douleurs ligamentaires ou rendre la femme enceinte plus sensible.

À quoi ressemblent les douleurs ligamentaires de grossesse ?

Les douleurs ligamentaires peuvent se traduire par des sensations de tiraillements dans le bas du ventre ou des picotements. « Certaines femmes assimilent même les douleurs ligamentaires à des décharges électriques« , note la sage-femme. « Elles se manifestent de façon diffuse ou par phases aiguës et peuvent être ressenties dans le bas-ventre, le bas du dos, le haut des cuisses et jusque dans les jambes« , explique la spécialiste.

Ce processus physiologique est tout à fait normal et courant, puisqu’environ 80% des femmes seraient concernées par des douleurs ligamentaires lors de la grossesse.

Comment savoir si une douleur est musculaire ou ligamentaire ?

Pour différencier une douleur musculaire d’une douleur ligamentaire, il faut observer sa localisation et son déclenchement. Les douleurs musculaires sont souvent diffuses, sourdes et liées à un effort ou à une mauvaise posture, alors que les douleurs ligamentaires sont plus localisées et/ou aiguës.

Des douleurs musculaires pendant la grossesse peuvent être le signe d’une carence en magnésium. « Cette carence peut avoir un effet sur les muscles et provoquer des crampes« , note Camille Carrel. Il convient, dans ce cas, d’en parler à votre sage-femme ou à votre gynécologue, qui pourra vous prescrire une supplémentation.

Comment faire la différence entre une douleur ligamentaire et des contractions ?

Les contractions sont des resserrements de l’utérus qui peuvent survenir de manière irrégulière tout au long de la grossesse (contractions de Braxton Hicks), ou de manière régulière et douloureuse à l’approche du travail. Durant les contractions, l’utérus devient très dur, ce qui n’est pas le cas lors des douleurs ligamentaires.
« Beaucoup de femmes ont du mal à faire la distinction entre les deux, notamment s’il s’agit d’une première grossesse« , souligne Camille Carrel. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter votre sage-femme.

Inflammation des ligaments : qu’est-ce que le syndrome de Lacomme ?

Le syndrome de Lacomme désigne les douleurs des articulations sacro-iliaques localisées dans le bassin et de la symphyse pubienne, le ligament qui rattache les deux os des hanches au niveau pubien. « Ce type de douleur ligamentaire est plus pointu en termes de localisation, mais se traite de la même manière qu’une douleur ligamentaire classique« , explique la sage-femme. « Cela reste bénin« , rassure-t-elle.

Comment calmer une douleur ligamentaire ?

Plusieurs moyens efficaces existent pour soulager les douleurs ligamentaires pendant la grossesse, en particulier celles liées à l’étirement du ligament rond ou des ligaments utéro-sacrés.

Focus sur la ceinture de grossesse pour soulager les douleurs ligamentaires

Certains remèdes permettent d’atténuer les douleurs ligamentaires et de gagner en confort de vie. C’est le cas des ceintures de maintien, qui soulagent la pression exercée sur les ligaments en soutenant le poids de l’utérus. « Elles ont aussi la capacité de resserrer les os du bassin« , souligne Camille Carrel. « Les leggings et les collants de grossesse peuvent aussi faire beaucoup de bien« , ajoute la spécialiste.

Le repos et la chaleur pour détendre le corps

Le repos s’avère également important. Camille Carrel recommande le repos en position allongée, sur le côté, avec un coussin de grossesse entre les jambes. « Cela soutient la jambe et l’articulation de la hanche, soulageant ainsi les douleurs ligamentaires« , explique la sage-femme.

Quant à la chaleur, elle est réputée pour calmer un phénomène inflammatoire. « On peut appliquer une bouillotte sur le bas du ventre ou prendre un bain chaud pour diminuer la douleur« , conseille l’experte.

Des sports doux pour les articulations et les muscles

Les activités physiques telles que le yoga prénatal, le Pilates et la natation favorisent la souplesse et le relâchement des tensions, tout en déverrouillant le bassin en douceur. « Les exercices sur un ballon de grossesse sont aussi une excellente option. Ils étirent et musclent la zone du périnée, ce qui permet de la renforcer« , suggère la sage-femme.

Se faire accompagner durant la grossesse pour soulager les ligaments

Des séances avec un kinésithérapeute peuvent apporter un réel soulagement grâce à des manipulations douces et ciblées. Des médecines dites « alternatives », comme l’ostéopathie et l’acupuncture, peuvent aussi s’avérer pertinentes, bien qu’elles ne soient pas remboursées par l’Assurance Maladie. Sans oublier la sophrologie qui, à travers des exercices de respiration et de visualisation, améliore la perception de la douleur.

D’un point de vue médical, il n’existe pas de traitement spécifique pour soulager les douleurs ligamentaires de grossesse. « Le paracétamol n’étant pas sans innocuité sur le développement du fœtus et les anti-inflammatoires étant déconseillés durant la grossesse, ils ne sont que rarement prescrits par les médecins« , précise la sage-femme.

Qu’en est-il des douleurs ligamentaires après l’accouchement ?

Camille Carrel nous explique que la rééducation abdominale et la rééducation du périnée proposées après l’accouchement ont aussi pour but de raffermir les tissus. De plus, l’utérus reprend sa forme initiale et les choses rentrent dans l’ordre. « Il n’y a rien d’inéluctable quant aux troubles ligamentaires« , rassure la sage-femme.

Douleurs ligamentaires de grossesse : quand s’inquiéter ?

Même si elles peuvent être gênantes au quotidien, les douleurs ligamentaires restent généralement bénignes. Il est toutefois utile d’en parler à un professionnel de santé pour bénéficier d’un accompagnement adapté, faire la différence avec d’éventuelles contractions ou envisager des solutions comme une ceinture de grossesse ou des séances de kinésithérapie.

Contrairement aux ligaments du genou, qui peuvent se rompre, ceux qui soutiennent l’utérus ne sont que très rarement sujets à une déchirure. « Ils ne subissent pas une sollicitation suffisante pour qu’un tel risque existe« , conclut Camille Carrel.

Sources
Entretien avec Camille Carrel, sage-femme et sophrologue spécialisée en périnatalité à Grenoble.

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