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Spécialiste de la périnatalité et de la gynécologie, ancienne sage-femme

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La Date Prévue d’Accouchement (DPA) en France : pourquoi est-elle souvent imprécise ?

La date prévue d’accouchement (DPA) est l’un des moments les plus attendus durant une grossesse. En France, comme dans de nombreux pays, elle est calculée à partir du premier jour des dernières règles de la femme, en ajoutant 280 jours (soit environ 40 semaines), pour arriver donc à un terme de 41 semaines d’aménorrhées. Bien que ce calcul soit standard, la réalité est que cette date n’est qu’une estimation, et qu’elle peut être entourée de nombreuses imprécisions. Dans cet article, nous allons explorer pourquoi la DPA n’est pas toujours fiable et ce que cela signifie pour les futures mamans !

 

DAP date prévue accouchement sage-femme

Qu’est-ce que la Date Prévue d’Accouchement (DPA) ?

La DPA, ou date prévue d’accouchement, est une estimation de la date à laquelle un bébé devrait naître si tout se passe comme prévu. En France, cette date est calculée selon la règle de Naegele, qui repose sur un cycle menstruel standard de 28 jours. En ajoutant 280 jours à partir du premier jour des dernières règles, on obtient une estimation de la date à laquelle l’accouchement pourrait se produire. Toutefois, bien que cette méthode soit largement utilisée, elle ne reflète pas toujours la réalité biologique des femmes.

Les facteurs qui rendent la DPA imprécise

Le cycle menstruel variable

Le calcul de la DPA se base sur un cycle menstruel de 28 jours, ce qui est loin d’être le cas pour toutes les femmes ! Beaucoup ont un cycle plus court ou plus long, ce qui modifie la date d’ovulation et, par conséquent, la conception. C’est bien d’ailleurs ce qui pose problème à de nombreuses femmes au cours de mes accompagnements sur le désir d’enfant à Grenoble : elles ont souvent des rapports sexuels décalés par rapport à leur fenêtre de fertilité, car leur cycle n’est pas de 28 jours ! Si une femme a un cycle plus long, la DPA calculée sera alors plus proche de la réalité, tandis qu’un cycle plus court pourrait entraîner une estimation erronée.

L’ovulation et la fécondation

La DPA se base sur l’idée que la fécondation se produit environ 14 jours après le premier jour des dernières règles. Cependant, toutes les femmes n’ovulent précisément à ce moment-là. Des facteurs comme le stress (d’où l’intérêt de la sophrologie quand on a des troubles du cycle !), l’alimentation ou des irrégularités hormonales peuvent influencer le moment exact de l’ovulation, rendant l’estimation de la conception plus difficile.

La durée de la grossesse

La grossesse dure généralement 40 semaines, mais il est important de noter que moins de 5 % des femmes accouchent à la date exacte de leur DPA. En effet, la durée exacte de la grossesse varie d’une femme à l’autre, et même d’une grossesse à l’autre. Certaines femmes peuvent accoucher deux semaines avant la DPA, d’autres deux semaines après.

Les méthodes d’estimation de la DPA

Outre le calcul basé sur les dernières règles, il existe d’autres méthodes utilisées pour estimer la DPA, comme l’échographie. Une échographie réalisée au début de la grossesse permet de mesurer la taille du fœtus et d’estimer la date d’accouchement de manière plus précise. Cependant, même ces mesures ne sont pas infaillibles (cela dépendra par exemple de la manière dont l’échographe place ses repères). De plus, une différence de taille d’un bébé à l’autre, même à un stade précoce, peut influencer ces estimations.

Les grossesses multiples

Dans le cas des grossesses gémellaires ou multiples, la DPA devient encore plus difficile à prévoir. Les jumeaux ou triplés peuvent naître plus tôt que les bébés uniques, mais la durée exacte de la grossesse peut varier selon les cas. Ainsi, bien que la DPA soit calculée de la même manière, elle doit être prise avec précaution.

Pourquoi est-ce important de ne pas trop se focaliser sur cette DPA ? 

Bien que la DPA soit un repère important dans le suivi d’une grossesse, il est essentiel de se rappeler que ce n’est qu’une estimation ! Une grossesse est une aventure unique, et chaque femme et chaque bébé ont leur propre rythme. L’accent devrait être mis sur les signaux du corps et les examens médicaux réguliers, plutôt que de se concentrer uniquement sur une date.

Il est aussi important de noter que, dans la plupart des cas, une grossesse est considérée comme « à terme » entre 37 et 42 semaines d’aménorrhée (soit de 1 à 2 semaines avant ou après la DPA). Tant que le bébé est en bonne santé et que la grossesse se déroule sans complications, il n’y a pas de raison de s’inquiéter si l’accouchement ne survient pas exactement à la DPA.

Que faire si la DPA approche et qu’on accouche pas ? 

Il est courant qu’une femme dépasse légèrement la DPA sans que cela ne soit préoccupant. Si l’accouchement ne survient pas dans les quelques jours suivant la date estimée, les professionnels de santé suivent généralement les recommandations suivantes :

  • Suivi médical renforcé : Un suivi plus fréquent est mis en place pour vérifier le bien-être du bébé et de la maman, tous les deux jours. Cela inclut souvent des échographies (contrôle des mouvements du bébé et de la quantité de liquide amniotique), et des contrôles de la fréquence cardiaque fœtale via un monitoring.
  • Induction du travail : Si le dépassement de la DPA est important (au-delà de 41 ou 42 semaines), une induction du travail peut être envisagée pour prévenir des risques liés à la grossesse prolongée, comme la réduction de la quantité de liquide amniotique ou la macération du bébé.

Le problème, c’est qu’un déclenchement peut avoir des conséquences assez lourdes sur le déroulement d’un accouchement, pour la femme comme pour son bébé (j’écrirai tout un article sur la cascade interventionnelle !). Ce n’est donc pas anodin, si une femme est déclenchée pour seul motif que son terme (imprécis !) est dépassé !

Conclusion : La DPA, un outil mais pas une certitude

La date prévue d’accouchement en France, bien qu’établie selon des méthodes scientifiques, demeure une estimation qui peut être influencée par de nombreux facteurs. Les futures mamans doivent comprendre que, même si elle est un repère utile pour préparer l’arrivée du bébé, elle ne doit pas être prise comme une certitude absolue. L’essentiel reste que la grossesse se déroule de manière saine et que le bébé arrive au moment qui lui est propre, même si cela signifie dépasser de quelques jours ou semaines la date estimée.

 

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Camille Carrel, Sophrologue spécialisée en périnatalité, ancienne sage-femme

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