Une femme consulte pour des douleurs pelviennes qui bouleversent son quotidien. Une autre vit des cycles très irréguliers, une fatigue persistante et un rapport au corps fragilisé. Une troisième redoute chaque phase prémenstruelle tant ses symptômes physiques et émotionnels deviennent envahissants. Ces réalités peuvent être liées à l’endométriose, au SMOP — syndrome métabolique ovarien poly endocrinien, anciennement appelé SOPK — ou à d’autres troubles du cycle menstruel. Elles ne se ressemblent pas et ne peuvent pas être accompagnées à l’aide d’un protocole unique.
Le sophrologue peut offrir un espace complémentaire pour travailler autour du vécu de la douleur, du stress, de la fatigue, des émotions et du rapport au corps. Il ne diagnostique pas, ne traite pas la maladie et ne promet ni régulation hormonale ni disparition des symptômes. Pour rester utile et juste, il a besoin de repères médicaux accessibles, d’une anamnèse adaptée et de critères clairs pour personnaliser ses propositions et orienter lorsque la situation l’exige.
Ancienne sage-femme diplômée d’État, sophrologue, psycho-praticienne et intervenante au sein d’un centre spécialisé dans l’endométriose, j’ai conçu cette formation pour relier ces différents niveaux : comprendre, écouter, adapter et construire des accompagnements réalistes dans le respect du champ de compétences du sophrologue.

Endométriose SMOP et troubles du cycle : de quoi parle-t-on
Ces termes sont parfois réunis sous l’étiquette générale de « problèmes de règles ». Pourtant, ils recouvrent des mécanismes, des symptômes et des parcours de soins différents. Le sophrologue n’a pas à établir ces distinctions sur le plan diagnostique. Il doit en revanche connaître les grandes caractéristiques de chaque situation pour comprendre la demande, utiliser un vocabulaire adapté et éviter les raccourcis.
L’endométriose une maladie chronique aux retentissements multiples
L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle un tissu semblable à l’endomètre se développe en dehors de l’utérus. Elle peut être associée à des douleurs importantes pendant les règles, à des douleurs pelviennes chroniques, à des douleurs pendant les rapports sexuels, à des troubles digestifs ou urinaires et, pour certaines femmes, à des difficultés de fertilité. L’intensité des symptômes ne se déduit pas simplement de l’étendue des lésions.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’endométriose concernerait environ 10 % des femmes et adolescentes en âge de procréer dans le monde. Son retentissement peut toucher la santé physique et mentale, la sexualité, les relations, les études et la vie professionnelle. Cette diversité impose d’écouter l’expérience singulière plutôt que de présumer ce que vit une personne à partir de son diagnostic.
Le SMOP anciennement appelé SOPK
Le terme SMOP, pour syndrome métabolique ovarien poly endocrinien, remplace progressivement l’appellation SOPK, syndrome des ovaires polykystiques. Le changement de nom cherche notamment à mieux refléter une affection endocrinienne et métabolique complexe, qui ne se résume ni à l’apparence des ovaires ni à la présence de « kystes ». Comme le mot SOPK reste largement connu du public, employer les deux termes permet de rester compréhensible tout en utilisant la nouvelle dénomination.
Le SMOP peut s’accompagner de cycles irréguliers ou absents, de troubles de l’ovulation, d’acné, d’une pilosité plus importante, d’une chute de cheveux ou de difficultés de fertilité. Des dimensions métaboliques et psychologiques peuvent également être présentes. Deux femmes ayant reçu le même diagnostic n’auront donc ni les mêmes symptômes ni les mêmes priorités d’accompagnement.
SPM TDPM douleurs et autres troubles du cycle
L’expression « troubles du cycle » peut englober des réalités variées : règles douloureuses ou abondantes, cycles irréguliers, absence de règles, syndrome prémenstruel ou trouble dysphorique prémenstruel. Une douleur menstruelle invalidante ou une modification importante du cycle mérite une évaluation médicale ; elle ne doit pas être normalisée sous prétexte que « les règles font mal ».
Le trouble dysphorique prémenstruel, ou TDPM, associe des symptômes émotionnels particulièrement sévères à une période précise du cycle. Une grande détresse, des idées suicidaires ou une mise en danger nécessitent une aide professionnelle urgente. Le sophrologue peut être un relais d’écoute, mais ne doit jamais retarder une évaluation médicale ou psychologique.
Pourquoi une spécialisation est nécessaire au sophrologue
La formation initiale en sophrologie donne des outils de respiration, de détente, de conscience corporelle et de préparation mentale. La spécialisation apprend à choisir ces outils à partir de la réalité clinique et du vécu exprimé, et non à plaquer une technique sur un diagnostic.
Ne pas réduire la douleur au stress
Le stress peut moduler l’expérience douloureuse, mais il n’explique pas à lui seul une douleur liée à l’endométriose ou à un autre trouble gynécologique. Dire à une femme qu’elle doit se détendre pour avoir moins mal risque de minimiser ce qu’elle vit et de renforcer la culpabilité. Une posture plus juste reconnaît la réalité de la douleur, explore ce qui pourrait rendre certains moments plus supportables et laisse toute leur place aux traitements et aux professionnels de santé.
Travailler avec des symptômes fluctuants
La douleur, la fatigue, la concentration et la disponibilité corporelle peuvent varier au cours du cycle, d’une poussée à l’autre ou selon les traitements. Une séance dynamique prévue à l’avance peut devenir inadaptée le jour du rendez-vous. Le sophrologue spécialisé sait réduire la durée, proposer une position différente, limiter les mouvements ou choisir une pratique très simple sans transformer cette adaptation en échec.
Prendre en compte le rapport au corps et l’histoire médicale
Examens répétés, errance diagnostique, douleurs pendant les rapports, changements corporels, injonctions autour du poids ou projet de grossesse peuvent marquer durablement le rapport au corps. Une invitation à explorer intensément une zone douloureuse ou à visualiser un organe « qui fonctionne parfaitement » n’est pas neutre. La proposition doit rester facultative, progressive et ajustée au consentement de la personne.
Savoir orienter et travailler en complémentarité
Une douleur nouvelle ou brutale, des saignements inhabituels, un malaise, une aggravation nette ou une souffrance psychique importante relèvent d’une évaluation appropriée. Le sophrologue ne décide pas du degré de gravité : il encourage la personne à contacter un médecin, une sage-femme ou le service adapté. Cette capacité à orienter fait pleinement partie d’une pratique professionnelle sécurisante.
Ce que la sophrologie peut accompagner concrètement
La sophrologie ne guérit pas l’endométriose, ne régule pas les hormones et ne remplace pas les traitements du SMOP ou des troubles menstruels. En complément d’un suivi médical, elle peut soutenir des objectifs définis avec la personne et régulièrement réévalués.
Le vécu de la douleur
L’objectif n’est pas nécessairement de faire disparaître la douleur. Selon la demande, les pratiques peuvent aider à relâcher certaines tensions associées, déplacer momentanément l’attention, trouver une respiration plus confortable, préparer un moment redouté ou identifier des ressources utilisables pendant une crise. L’effet est variable et l’absence de soulagement ne constitue jamais un manque d’implication de la cliente.
La fatigue et la récupération
La fatigue peut être liée à la douleur, au sommeil perturbé, aux traitements ou à la charge mentale d’une maladie chronique. Ajouter une longue routine quotidienne peut devenir une contrainte supplémentaire. Des pratiques courtes, choisies avec la personne et intégrées à son rythme réel, sont souvent plus pertinentes qu’un programme idéal impossible à tenir.
Le stress les émotions et l’anticipation
L’attente des règles, la peur d’une crise au travail, un examen médical ou un rendez-vous concernant la fertilité peuvent susciter une forte anticipation. La sophrologie peut soutenir la régulation émotionnelle, le sentiment de sécurité et la préparation mentale. Elle n’efface pas l’incertitude, mais peut aider la personne à distinguer ce sur quoi elle peut agir et les ressources qu’elle souhaite mobiliser.
Le rapport au corps à la féminité et à la sexualité
Les symptômes peuvent affecter l’image corporelle, le sentiment de féminité, la sexualité et la relation de couple. Le sophrologue n’impose pas un objectif de réconciliation avec le corps et ne présume pas que la maternité est souhaitée. Il part des mots de la personne, respecte les limites de son intervention et oriente vers un professionnel formé lorsque la demande relève de la sexologie, de la psychothérapie ou d’un soin médical.
Le travail les relations et la qualité de vie
Annuler une activité, justifier des absences, craindre une fuite ou chercher un lieu pour s’allonger ont un coût social et professionnel. L’accompagnement peut aider à préparer une situation, renforcer l’assertivité ou retrouver des marges de choix. Il ne remplace ni les aménagements nécessaires ni la reconnaissance des limitations réelles.
Construire un accompagnement réellement personnalisé
Le diagnostic ne constitue pas un objectif sophrologique. « Accompagner l’endométriose » est trop large pour guider une séance. L’anamnèse cherche plutôt à comprendre ce qui gêne aujourd’hui, dans quel contexte, avec quelles ressources, quelles attentes et quel suivi déjà en place.
- Clarifier la demande formulée par la personne et son retentissement concret dans la vie quotidienne.
- Identifier les variations des symptômes, sans demander à la cliente d’interpréter médicalement son cycle.
- Vérifier les positions, mouvements, rythmes respiratoires et zones corporelles confortables ou à éviter.
- Définir un objectif observable et réaliste : préparer un examen, traverser une période d’attente, récupérer après une journée difficile ou disposer d’un outil court en cas de tension.
- Présenter chaque pratique comme une proposition modifiable et obtenir un retour précis après l’expérience.
- Réévaluer régulièrement l’objectif et coordonner, avec l’accord de la personne, lorsque d’autres professionnels interviennent.
Une formation structurée en six modules
La formation Accompagnement sophrologique des femmes atteintes d’endométriose, de SMOP et de troubles du cycle menstruel relie les connaissances médicales indispensables à la construction concrète des séances.
- Comprendre le cycle menstruel : anatomie et physiologie, phases du cycle, fenêtre de fertilité, menstruations, douleurs et effets possibles de la contraception sur le cycle.
- Identifier les principaux troubles du cycle : SPM, TDPM, SMOP anciennement SOPK, ainsi que leurs répercussions physiques, émotionnelles, relationnelles, identitaires, sociales et professionnelles.
- Comprendre l’endométriose : caractéristiques, manifestations, parcours diagnostique et effets possibles sur la douleur, le corps, la sexualité, le couple, la fertilité, la famille et le travail.
- Définir la place de la sophrologie : apports possibles en complément des soins, choix du vocabulaire et des intentions, limites professionnelles et critères d’orientation.
- Analyser la demande et personnaliser : anamnèse adaptée, compréhension des besoins, du vécu, des ressources et des attentes, puis formulation d’objectifs précis et réalistes.
- Construire un protocole individualisé : adaptation à la douleur, au stress, à la fatigue et au vécu corporel et émotionnel, progression cohérente et réajustement dans le temps.
La pédagogie combine des apports théoriques accessibles, des pratiques vécues, des études de cas, des mises en situation et la construction de protocoles. Les trames proposées servent de repères ; elles ne remplacent jamais l’analyse de la demande singulière.
À qui s’adresse cette formation
Cette spécialisation s’adresse aux personnes ayant validé une formation initiale en sophrologie et maîtrisant ses fondamentaux. Les personnes encore en formation peuvent être admises après étude de leur situation, à partir du questionnaire de positionnement et, si nécessaire, d’un échange préalable.
Elle est adaptée aux sophrologues déjà sollicités pour des douleurs menstruelles, une endométriose ou un SOPK, à ceux qui travaillent dans le champ de la santé féminine et à ceux qui souhaitent développer une spécialisation avec un cadre plus solide. Elle convient particulièrement si vous hésitez sur les mots à employer, les adaptations à proposer ou le moment où un relais devient nécessaire.
Le format concret de la formation
La formation se déroule en classe virtuelle en direct sur Zoom. Elle comprend 19 heures réparties sur trois jours consécutifs, de 9 heures à 17 heures. Les groupes accueillent de deux à huit participantes afin de préserver le temps consacré aux questions, aux expérimentations et à l’analyse des situations professionnelles.
Le tarif actuellement affiché est de 400 euros nets de taxe pour les trois jours. Des supports pédagogiques, fiches pratiques et ressources numériques sont mis à disposition. Les dates et conditions de financement pouvant évoluer, elles sont à vérifier directement sur la page de formation.
Retrouvez le programme, les prochaines sessions et le formulaire de demande d’inscription sur la page formation sophrologie endométriose SMOP et troubles du cycle.
Pourquoi mon parcours nourrit cette spécialisation
Mon expérience d’ancienne sage-femme m’aide à rendre accessibles les repères gynécologiques et à distinguer ce qui relève du soin médical de ce qui peut être travaillé en sophrologie. Ma pratique de sophrologue et de psycho-praticienne apporte un regard complémentaire sur la douleur, les émotions, les croyances, le rapport au corps et les répercussions relationnelles.
Mon intervention au sein d’un centre consacré à l’endométriose nourrit également ma compréhension du parcours pluridisciplinaire. Ce double regard ne transforme pas le sophrologue en soignant de l’endométriose : il lui permet de prendre sa place avec davantage de précision, d’humilité et de sécurité.
Pour replacer cette formation dans une approche plus large, lisez pourquoi se spécialiser en sophrologie dans l’accompagnement de la santé féminine.
Lorsque la maladie ou le SMOP s’accompagne d’un projet de grossesse, découvrez aussi la formation en sophrologie consacrée au désir d’enfant et au parcours de PMA.
Questions fréquentes sur la sophrologie l’endométriose et le SMOP
La sophrologie peut-elle soigner l’endométriose
Non. L’endométriose est une maladie qui nécessite une prise en charge médicale adaptée. La sophrologie peut être proposée en complément autour du vécu de la douleur, du stress, de la fatigue ou de la préparation à certaines situations, sans agir sur les lésions et sans remplacer les traitements.
La sophrologie peut-elle réguler le cycle ou les hormones
Aucune promesse de régulation hormonale ou de retour des règles ne doit être faite. La sophrologie agit sur l’expérience et les ressources de la personne ; le diagnostic et le traitement des troubles du cycle ou du SMOP relèvent des professionnels de santé.
Quelle différence entre SMOP et SOPK
SMOP signifie syndrome métabolique ovarien poly endocrinien. Cette appellation remplace progressivement SOPK, syndrome des ovaires polykystiques, afin de mieux rendre compte de la complexité endocrinienne et métabolique du syndrome. Les deux termes désignent aujourd’hui la même affection ; le mot SOPK reste encore très utilisé.
Peut-on accompagner une douleur chronique en sophrologie
Oui, dans une démarche complémentaire et avec un objectif réaliste. Il peut s’agir de mieux traverser certains moments, de relâcher des tensions associées, de préparer une situation ou de retrouver un sentiment de capacité d’action. Toute douleur inhabituelle ou aggravée doit être réévaluée médicalement.
Faut-il être professionnel de santé pour suivre la formation
Non. Les connaissances médicales sont expliquées de manière accessible aux sophrologues. La formation insiste sur les limites professionnelles, l’orientation et la complémentarité avec les médecins, sages-femmes, psychologues, kinésithérapeutes et autres intervenants du parcours.
La formation donne-t-elle des protocoles prêts à l’emploi
Elle apporte des trames, des pratiques, des cas et une méthode de construction. Son objectif principal est de vous rendre capable de personnaliser un protocole selon la demande, les symptômes, les ressources et l’évolution de la personne, plutôt que de reproduire une suite fixe de séances.
La formation est-elle accessible à distance
Oui. Les 19 heures ont lieu en direct sur Zoom pendant trois jours consécutifs, en petit groupe, avec des temps de pratique, d’échange et de mise en situation.
Se spécialiser pour accompagner sans banaliser ni promettre
Accompagner l’endométriose, le SMOP ou les troubles du cycle ne consiste pas à demander au corps de mieux fonctionner par la pensée. Il s’agit de reconnaître l’impact réel des symptômes, d’écouter ce qui compte pour cette personne aujourd’hui et de proposer des expériences ajustées, dans un cadre complémentaire des soins.
Une formation spécialisée permet de quitter les protocoles génériques pour construire des séances plus précises, adaptables aux fluctuations et respectueuses du vécu. Elle aide aussi le sophrologue à nommer honnêtement ce qu’il peut soutenir, ce qu’il ne traite pas et les situations dans lesquelles il doit passer le relais.
Vous souhaitez développer cette spécialisation ? Consultez les informations et demandez votre inscription à la formation sophrologie endométriose SMOP et troubles du cycle.
À propos de la formatrice
Camille Carrel
Psycho-praticienne en TCC • Sophrologue • Praticienne en hypnose clinique thérapeutique • Ancienne sage-femme
Spécialisée en santé féminine, santé sexuelle et périnatalité, j’accompagne les femmes à différentes étapes de leur vie, avec une approche intégrative associant notamment TCC, sophrologie, hypnose et travail autour des expériences traumatiques. À travers l’Institut de Sophrologie en Santé Féminine, je transmets aux sophrologues des repères médicaux accessibles, une posture professionnelle claire et des outils directement mobilisables en cabinet.
Je vous reçois en consultation individuelle à Grenoble ou en visioconférence partout en France.
Sources de référence
Organisation mondiale de la Santé – Endométriose
Organisation mondiale de la Santé – Syndrome des ovaires polykystiques

No responses yet