Le syndrome des ovaires polykystiques, connu depuis des décennies sous l’acronyme SOPK, porte désormais un nouveau nom : syndrome métabolique ovarien poly-endocrinien, ou SMOP en français. En anglais, l’appellation PCOS devient PMOS, pour Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome.
Ce changement ne désigne pas une nouvelle maladie. Il ne signifie pas non plus que les femmes précédemment diagnostiquées ont reçu un mauvais diagnostic. Il vise à nommer plus justement une affection complexe qui ne se résume ni à des ovaires ni à des « kystes ». La nouvelle appellation met en avant ses dimensions hormonales, métaboliques et ovariennes.
Pourquoi l’ancien nom était-il devenu problématique ? Comment le terme SMOP a-t-il été choisi ? Le diagnostic et la prise en charge changent-ils ? Et que faut-il retenir pour accompagner les femmes concernées en sophrologie ? Voici les repères essentiels pour comprendre cette évolution.

SOPK et SMOP désignent la même affection
La première information à retenir est simple : le SMOP est le nouveau nom du SOPK. Une personne diagnostiquée avec un syndrome des ovaires polykystiques n’a donc pas à recommencer son parcours ou à demander un nouveau diagnostic uniquement parce que la terminologie évolue.
Le changement a été présenté dans une publication scientifique parue en ligne dans The Lancet le 12 mai 2026. Le consensus international retient en anglais le nom Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome, abrégé PMOS. En France, l’Assurance Maladie emploie désormais la traduction « syndrome métabolique, ovarien et poly-endocrinien », abrégée SMOP.
Pendant une période de transition, les deux appellations vont coexister dans les consultations, les comptes rendus, les sites d’information et les recherches sur internet. Il est donc parfaitement normal de rencontrer encore très souvent les termes SOPK et PCOS.
Pourquoi le nom syndrome des ovaires polykystiques posait problème
Le mot polykystiques prêtait à confusion
L’expression « ovaires polykystiques » peut laisser penser que la maladie est définie par la présence de nombreux kystes pathologiques dans les ovaires. Or les images observées à l’échographie correspondent généralement à de nombreux follicules dont le développement est interrompu, et non à des kystes ovariens au sens habituel du terme.
Surtout, l’aspect des ovaires n’est pas obligatoire chez toutes les personnes concernées. Le diagnostic ne repose donc pas systématiquement sur une échographie montrant cet aspect. L’ancien nom pouvait provoquer de l’incompréhension : certaines femmes pensaient ne pas pouvoir avoir de SOPK parce qu’aucun « kyste » n’avait été identifié, tandis que d’autres associaient à tort toute image ovarienne multi-folliculaire au syndrome.
Le terme se concentrait trop sur les ovaires
Le SOPK a longtemps été perçu principalement comme une affection gynécologique ou comme un problème de fertilité. Pourtant, ses manifestations peuvent concerner plusieurs systèmes : régulation hormonale, ovulation, métabolisme, peau, pilosité, sommeil, santé psychologique et santé reproductive.
Cette focalisation sur les ovaires risquait de rendre moins visibles les dimensions métaboliques et endocriniennes, ainsi que leurs conséquences possibles à long terme. Elle pouvait également fragmenter la prise en charge entre plusieurs spécialités sans toujours donner une vision d’ensemble du syndrome.
L’ancien nom pouvait renforcer certaines représentations
Les mots employés pour nommer une maladie influencent la manière dont elle est comprise. Associer le syndrome à des « kystes » peut susciter des inquiétudes inutiles, notamment autour de la fertilité ou d’une éventuelle chirurgie. Réduire la situation aux ovaires peut aussi laisser penser que les autres symptômes sont secondaires, ou que la maladie ne concerne que les femmes ayant un projet de grossesse.
Le changement de nom cherche donc à améliorer la précision scientifique, mais également la compréhension par les personnes concernées et par les professionnels.
Que signifie exactement le sigle SMOP
Chaque mot de la nouvelle appellation a été choisi pour représenter une partie de la réalité du syndrome.
Syndrome
Un syndrome correspond à un ensemble de signes et de symptômes pouvant s’exprimer différemment selon les personnes. Le SMOP ne possède pas un visage unique. Certaines femmes consultent pour des cycles irréguliers, d’autres pour de l’acné ou une pilosité importante, des difficultés de fertilité, des préoccupations métaboliques ou plusieurs de ces manifestations.
Métabolique
Le mot métabolique rend plus visible la possible implication de la régulation de l’insuline, de la glycémie, des lipides et d’autres facteurs de santé à long terme. Toutes les personnes atteintes ne présentent pas les mêmes risques ni les mêmes caractéristiques corporelles. Une femme mince peut également être concernée ; le poids ne permet ni de confirmer ni d’exclure le syndrome.
Ovarien
Le fonctionnement ovarien reste une dimension importante du syndrome. L’ovulation peut être irrégulière ou absente, ce qui peut entraîner des cycles espacés et parfois des difficultés à concevoir. Le mot « ovarien » est conservé sans réduire la maladie à l’apparence échographique des ovaires.
Poly-endocrinien
Le terme poly-endocrinien souligne l’interaction de plusieurs mécanismes hormonaux. Le SMOP peut notamment s’accompagner d’un excès d’androgènes, visible par certains signes cliniques ou biologiques. Cette dimension explique pourquoi la situation ne peut pas être comprise comme un simple problème localisé dans un organe.
Comment cette nouvelle appellation a été choisie
Le passage du SOPK au SMOP ne résulte pas d’une simple décision de communication. Le consortium international décrit un processus progressif ayant associé 56 organisations scientifiques, cliniques et de patientes. Des enquêtes internationales ont recueilli les réponses de 14 360 personnes concernées et professionnels de différentes disciplines et régions du monde.
Les critères discutés comprenaient la précision scientifique, la clarté, la réduction de la stigmatisation, l’adaptation culturelle et la faisabilité de la mise en œuvre. Les termes « poly-endocrinien », « métabolique » et « ovarien » ont été retenus pour mieux refléter le caractère multi-systémique de l’affection.
Les auteurs parlent d’une évolution plutôt que d’une transformation immédiate. Les classifications, recommandations, logiciels médicaux, documents administratifs et ressources destinées au public ont besoin de temps pour adopter la nouvelle terminologie. Cette transition explique pourquoi les deux noms resteront visibles pendant plusieurs années.
Quels sont les symptômes possibles du SMOP
Le SMOP peut se manifester de manière très différente. Les signes possibles comprennent notamment :
- des règles irrégulières, très espacées ou absentes, liées à une ovulation irrégulière ou absente ;
- une pilosité plus importante sur certaines zones, de l’acné ou une chute de cheveux ;
- des difficultés à concevoir en lien avec des troubles de l’ovulation ;
- des caractéristiques métaboliques, telles qu’une résistance à l’insuline chez certaines personnes ;
- un retentissement sur l’image du corps, l’estime de soi, l’anxiété, l’humeur ou la qualité de vie.
Cette liste ne permet pas de s’autodiagnostiquer. Plusieurs manifestations peuvent avoir d’autres causes. À l’inverse, toutes les personnes ayant un SMOP ne présentent pas l’ensemble de ces signes. Une consultation médicale reste nécessaire pour établir le diagnostic et rechercher d’éventuelles situations associées.
Le diagnostic change-t-il avec le nouveau nom
Le changement de nom ne crée pas, à lui seul, de nouveaux critères diagnostiques. La démarche médicale reste fondée sur l’histoire de la personne, les symptômes, l’examen clinique, les analyses nécessaires et, selon la situation, l’imagerie. Les professionnels doivent également éliminer d’autres causes pouvant produire des signes proches.
Chez l’adulte, le diagnostic a classiquement reposé sur la présence d’au moins deux éléments parmi des troubles de l’ovulation, des signes cliniques ou biologiques d’excès d’androgènes et un aspect ovarien particulier, après exclusion d’autres causes. Les modalités sont plus prudentes à l’adolescence, période pendant laquelle des cycles irréguliers et certains changements hormonaux peuvent être physiologiques.
Les recommandations et supports professionnels vont intégrer progressivement le terme PMOS ou SMOP. Dans l’intervalle, une personne peut voir apparaître SOPK sur un ancien compte rendu et SMOP sur un document récent sans que cela traduise deux diagnostics différents.
Le traitement et le suivi changent-ils
Le nouveau nom ne signifie pas qu’un traitement inédit devient nécessaire. La prise en charge reste personnalisée en fonction des symptômes, des résultats médicaux, des priorités de la personne, de son âge et d’un éventuel projet de grossesse.
Le suivi peut concerner la régularité des cycles, les manifestations liées aux androgènes, la fertilité, la santé métabolique, le sommeil et la santé psychologique. Selon les besoins, il peut associer médecin généraliste, gynécologue, endocrinologue, sage-femme, dermatologue, professionnel de la nutrition, psychologue ou équipe de fertilité.
Il n’existe pas une seule manière correcte de vivre ou de prendre en charge un SMOP. Les conseils généraux ne doivent pas se transformer en injonctions, en particulier autour du poids, de l’alimentation ou de la grossesse. La décision médicale se construit avec la personne concernée.
Ce que ce changement peut apporter aux femmes concernées
Une appellation plus exacte ne résout pas instantanément les difficultés d’accès au diagnostic et aux soins. Elle peut cependant modifier progressivement la manière dont le syndrome est expliqué et pris en compte.
- Mieux faire comprendre qu’il ne s’agit pas de simples kystes ovariens.
- Rendre visibles les dimensions hormonales et métaboliques au-delà de la fertilité.
- Limiter certaines confusions autour de l’échographie et du diagnostic.
- Favoriser une approche plus globale et mieux coordonnée entre les professionnels.
- Donner des mots plus précis aux personnes concernées pour expliquer leur situation.
Cette évolution peut aussi demander un temps d’adaptation. Certaines femmes se reconnaissent fortement dans le mot SOPK, ont construit des communautés autour de cet acronyme ou craignent que leurs interlocuteurs ne connaissent pas SMOP. Continuer à employer les deux termes pendant la transition est donc une manière pragmatique de préserver la continuité.
Pourquoi continuer à écrire SOPK dans les informations de santé
Aujourd’hui, la majorité des personnes connaissent encore l’ancienne appellation. Elles recherchent « symptômes SOPK », « SOPK et fertilité » ou « sophrologie SOPK » bien plus spontanément que les équivalents contenant SMOP. Supprimer immédiatement le mot SOPK pourrait rendre certaines informations difficiles à trouver.
La formulation la plus claire est donc « SMOP, anciennement appelé SOPK » ou « SOPK, désormais appelé SMOP ». Elle accompagne l’apprentissage du nouveau terme, maintient l’accès aux ressources existantes et évite de donner l’impression qu’une nouvelle maladie vient d’apparaître.
Quelle place pour la sophrologie dans le vécu du SMOP
La sophrologie ne traite pas le SMOP. Elle ne régule pas les hormones, ne provoque pas l’ovulation et ne remplace ni le diagnostic ni les soins. Elle peut être proposée comme accompagnement complémentaire lorsqu’une personne souhaite travailler sur une difficulté précise relevant du champ du sophrologue.
Accompagner le stress et l’incertitude
Cycles imprévisibles, attente d’examens, inquiétudes liées à la fertilité ou difficulté à comprendre ses symptômes peuvent générer une forte charge mentale. Des pratiques de respiration, de relâchement ou de préparation mentale peuvent aider certaines personnes à retrouver des repères et à traverser plus sereinement une situation identifiée.
Soutenir le rapport au corps et l’estime de soi
Acné, pilosité, chute de cheveux, variations corporelles ou discours répétés autour du poids peuvent affecter l’image de soi. Le sophrologue peut proposer un travail progressif autour des sensations, des ressources et de l’estime de soi, sans imposer l’idée qu’il faudrait aimer son corps ou transformer rapidement son ressenti.
Accompagner un projet de grossesse
Lorsque les troubles de l’ovulation compliquent un désir d’enfant, la sophrologie peut accompagner le vécu émotionnel, l’attente et certains temps du parcours médical. Elle ne promet jamais une grossesse et ne remplace pas l’évaluation de la fertilité. Le protocole doit être adapté aux étapes réellement traversées par la femme ou le couple.
Respecter les limites professionnelles
Le sophrologue ne commente pas des résultats biologiques, ne conseille pas de modifier un traitement et n’attribue pas chaque symptôme au SMOP. Une souffrance psychique importante, un trouble alimentaire, des idées suicidaires ou une situation médicale préoccupante nécessitent une orientation adaptée. La sophrologie trouve sa place dans un parcours coordonné, avec des objectifs réalistes et régulièrement réévalués.
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Ce que les sophrologues doivent retenir du passage au SMOP
Pour les sophrologues, cette évolution terminologique est l’occasion d’actualiser les supports, les questionnaires et le vocabulaire employé en séance. Elle rappelle surtout que le syndrome ne se réduit pas à une problématique ovarienne ou reproductive.
- Demander à la personne quel terme elle connaît et préfère employer.
- Utiliser provisoirement les deux appellations dans les documents : « SMOP, anciennement SOPK ».
- Ne pas supposer les symptômes, le poids, la fertilité ou le projet de vie à partir du diagnostic.
- Construire l’objectif sophrologique à partir du vécu actuel et non du seul nom de la maladie.
- Ne jamais promettre une régulation du cycle, des hormones ou de la fertilité par la sophrologie.
- Actualiser régulièrement ses connaissances et orienter les questions médicales vers les professionnels compétents.
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Questions fréquentes sur le nouveau nom du SOPK
Le SOPK et le SMOP sont-ils la même maladie
Oui. SMOP est la nouvelle appellation française du syndrome auparavant appelé SOPK. Le changement de nom vise à mieux représenter ses dimensions endocriniennes, métaboliques et ovariennes.
Pourquoi enlever le mot polykystiques
Parce qu’il pouvait laisser croire que le syndrome était défini par des kystes pathologiques. Or l’aspect ovarien n’est pas obligatoire et les structures visibles sont généralement des follicules, non des kystes au sens courant.
Que signifie SMOP
SMOP signifie syndrome métabolique ovarien poly-endocrinien. En anglais, l’acronyme est PMOS, pour Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome.
Faut-il refaire son diagnostic
Non, pas uniquement en raison du changement de nom. Une personne précédemment diagnostiquée avec un SOPK est désormais considérée comme ayant un SMOP. Toute question personnelle sur le diagnostic ou le suivi doit cependant être discutée avec un professionnel de santé.
Les traitements du SOPK vont-ils changer
La nouvelle appellation ne modifie pas automatiquement les traitements. La prise en charge reste individualisée selon les symptômes, les risques évalués, les priorités de la personne et un éventuel projet de grossesse.
Peut-on encore dire SOPK
Oui. Une période de transition est prévue et le terme SOPK reste largement connu. Employer « SMOP, anciennement SOPK » permet d’être compris tout en diffusant progressivement la nouvelle appellation.
La sophrologie peut-elle réguler les hormones du SMOP
Non. La sophrologie ne constitue pas un traitement hormonal ou métabolique. Elle peut compléter le parcours de soins autour du stress, du vécu corporel, des émotions ou d’un projet défini avec la personne, sans promesse sur le cycle ou la fertilité.
Un nouveau nom pour une compréhension plus juste
Le passage du SOPK au SMOP ne change pas l’identité des femmes concernées ni la réalité de ce qu’elles vivent. Il corrige une appellation devenue trop réductrice et parfois trompeuse. En nommant les dimensions métaboliques, ovariennes et poly-endocriniennes, le nouveau terme invite à regarder le syndrome dans son ensemble.
Cette évolution prendra du temps. Pendant la transition, employer conjointement SMOP et SOPK reste la solution la plus accessible. L’essentiel est de mieux informer, de personnaliser le suivi et d’éviter les raccourcis, qu’ils concernent les ovaires, le poids, la fertilité ou la santé psychologique.
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À propos de l’autrice
Camille Carrel est ancienne sage-femme diplômée d’État, sophrologue, psycho-praticienne et formatrice spécialisée en santé féminine, périnatalité, fertilité et problématiques gynécologiques. Elle intervient au sein d’un centre consacré à l’endométriose et a créé l’Institut de Sophrologie en Santé Féminine afin de transmettre aux sophrologues des connaissances accessibles, une posture éthique et des outils directement mobilisables en cabinet.
Sources de référence
The Lancet – Processus de consensus international pour le nouveau nom PMOS
PubMed – Référence et résumé de la publication scientifique
Assurance Maladie – Comprendre le SOPK désormais renommé SMOP
Organisation mondiale de la Santé – Syndrome des ovaires polykystiques

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